Pourquoi s’embêter avec la restauration d’une vieille fraiseuse ? Pourquoi ne pas acheter une machine neuve abordable plutôt qu’une vieille machine à bout de souffle ?

Lors de l’achat d’une machine il faut savoir ce que l’on veut en faire. On veut tailler des pièces de quelle taille ? Quid de la précision ?

Dans mon cas personnel je voulais une machine précise, d’encombrement limité, de bonne qualité et abordable. Comme tout le monde quoi… La seule solution pour concilier tout ça, c’est d’acheter du VRAI matériel industriel mais d’occasion.

Mais alors, la précision : Où est-elle ?

La précision était au rendez-vous sur ces machines, mais quand elles étaient jeunes. Aujourd’hui elles ont usiné durant des milliers d’heures et tout s’est usé. Ceci est normal. Il va donc falloir être vigilant lors de l’achat et choisir une machine le moins « rincée » possible.

La bonne nouvelle c’est que cette précision, nous allons aller la chercher de nouveau. Pour cela nous passerons par la restauration de notre fraiseuse !

MA DEMARCHE, en quelques lignes

Ma démarche est de mener à bien la restauration de ma fraiseuse en approchant le plus possible l’autonomie totale :

  • Je souhaite en effet restaurer ma machine seul pour comprendre tous les points clés de son fonctionnement
  • Je tenterai de fabriquer moi-même le plus possible les outillages nécessaires à cette restauration, pour montrer que tout le monde peut accomplir de grandes choses sans moyens, pour peu qu’il soit motivé !
  • Pour faire ces outillages j’essaierai de réutiliser le plus possible du matériel industriel jeté à la poubelle, ce qui limitera l’impact sur la planète, mais aussi sur mes finances !!! Si je ne trouve pas, je fabriquerai en partant de 0 !

Jour 1

POINT DE DEPART de la restauration de ma fraiseuse

Etat de la fraiseuse avant la restauration.

Voici l’état de la machine lors de l’arrivée dans mon garage. J’en était au même point sur l’avancement du garage : tout reste à faire !!! 😀

LE MATERIEL pour rénover sa machine

J’ai décidé de faire la rénovation de ma machine tout seul à la maison. Certes ce sera plus long mais ça me permet de me former, de m’améliorer en mécanique et surtout de beaucoup mieux connaitre ma machine. Je me contenterai donc de matériel manuel principalement :

  • grattoirs carbure (Sandvik puis grattoir fait maison)
  • grattoirs acier (droit, feuille de sauge, etc). Je ne suis pas sûr d’en avoir besoin, on verra plus tard !
  • limes et pierres d’ébavurage
  • matériel de contrôle en granit : marbre rénové, équerres, règle ….fraichement réalisés par mes soins !
  • matériel de mesure : pied à coulisse, comparateurs, pupitast et supports adaptés
  • Un local PROPRE, réalisé lui aussi par mes soins !
  • De la peinture bi-composant
  • Le matériel électrique moderne

…euh…. je crois qu’on a tout. Non ? 🙂


Cet article sera complété au fil de l’avancée de la restauration de ma fraiseuse.

Revenez régulièrement !! 😛


Jour 2


LA RESTAURATION de ma fraiseuse…. ENFIN !

ETAPE 1 : La table

Démontage

Devant l’ampleur du projet je choisis d’y aller méthodiquement, par petites étapes. J’ai décidé de commencer par la table car le démontage est rapide.

Fraiseuse WGM en cours de restauration. La table est démontée.

Le démontage ne présente aucune difficulté particulière. Il suffit en effet de démonter la vis de manoeuvre pour pouvoir sortir la table de sa glissière. Une fois la table démontée je dois lui faire un grand nettoyage au Kerdane. Ce produit est disponible facilement en GSB. C’est un dégraissant pour métaux relativement efficace pour dissoudre les résidus de copeaux et d’huile séchés.

Géométrie de la table

Avant de toucher quoi que ce soit il faut bien sûr mesurer la géométrie de ma table. Il s’avère qu’elle est en forme de banane : Les bords tombent d’environ 5 centièmes de mm. Le dessus de la table est bombé. Le dessous, coté glissières donc, est creusé en son centre de la même valeur. Il n’y a pas vraiment d’usure, mais une déformation globale de la matière.

Je ne souhaite pas laisser la machine avec un défaut de cette ampleur. Je vais donc tenter de le corriger manuellement par grattage.

Le grattage : Je vais pouvoir m’entrainer sur ce morceau de fonte….Allez j’avoue : même si je suis heureux de tout rénover cela me fait un peu peur ! 😕

J’ai hâte de m’y mettre : Ça faisait tellement longtemps que je rêvais de gratter mes machines !!!

Mes débuts en grattage

Premièrement je prépare mon bleu de Prusse : 30% de peinture à l’huile mélangée dans 70% d’huile minérale pour mécanique. Ensuite j’étale une fine couche de ce mélange de bleu de Prusse et d’huile sur mon marbre. Je pose alors la table sur le marbre, puis je la frotte sur le bleu. Ainsi le bleu va se déposer sur les zones où la table touche le marbre. Chaque point bleu est donc un point haut. Chaque zone non colorée est donc en creux.

Grattage : prise d'empreinte au bleu de Prusse lors de la restauration de ma fraiseuse WGM
Sur cette photo nous voyons clairement que la table n’a touché le marbre qu’en son centre.

La technique consiste ensuite à gratter les zones bleues (donc les points les plus hauts) pour les faire redescendre. Ainsi les points légèrement plus bas vont pouvoir toucher le bleu lors du prochain passage sur le marbre. Le but du jeu sera (pour l’ébauche) d’obtenir des touches bleues sur TOUTE la surface, ce qui voudra dire que la surface est plane.

Ce grattage se pratique à l’aide d’un appareil automatique (type BIAX), ou manuel (type sandvik). J’utiliserai la méthode manuelle.

Lors du grattage, nous devons voir la formation de copeaux. Si ce n’est pas le cas c’est que l’outil ne coupe pas assez !

copeaux qui se forment lors du grattage d'une table de fraiseuse.
Là par exemple, ça commence à poudrer….il va falloir affuter la plaquette !

Il faut ensuite alterner le sens de travail à chaque passe. Première passe à 45° en allant vers l’angle en haut à gauche. Passe suivante en allant à 45° vers l’angle en haut à droite. Et ainsi de suite…

Chaque passe de grattage est suivie d’un passage à la pierre d’ébavurage puis d’un coup de chiffon + aspirateur. Ensuite nous recommençons le passage au bleu sur le marbre, puis grattage des bosses etc….etc….etc…..ETC….ETC !!!!!!!!!! 😎

En une heure la zone marquée au bleu s’est bien agrandie. En effet, à chaque nouvelle passe la zone tachetée de bleu grandit un petit peu. C’est finalement un vrai jeu de patience…

MAIS….à la fin de la journée je me rends compte que plaquette coupe moyennement bien, il faut appuyer assez fort pour faire des copeaux. Je suis donc déjà arrêté ! En effet, je n’ai jamais pris le temps de me fabriquer mon petit touret polyvalent pour pouvoir utiliser ma vieille meule diamant.

Me voilà déjà arrêté ! 😥

Pas le choix… Je dois fabriquer de quoi affûter efficacement ma plaquette !!!

Jour 3

Le touret pour l’affûtage de la plaquette

Pour rester dans l’idée de départ : J’entreprends le plus possible la fabrication des outils nécessaires à la restauration de ma machine !

C’est le cas du touret d’affûtage : La fabrication avance bien : partie mécanique terminée, partie commande électrique aussi. Le moteur ne démarre pas à cause d’un condensateur défectueux. Il ne reste donc plus que les condensateurs moteur à recevoir et l’affûtage sera de nouveau possible.

touret multifonctions DIY pour affutage plaquette carbure

Jour 4

Aujourd’hui je ne vois toujours pas venir les condensateurs. Je m’attaque donc à la réalisation d’un deuxième grattoir pour tuer le temps. En effet, à l’usage je trouve le grattoir Sandvik RAIDE ! Il n’a aucune souplesse et il lui manque un « champignon » à l’arrière de la poignée pour pouvoir prendre appui sur le bras ou l’épaule et soulager un peu les muscles.

Mon grattoir fait maison a donc vu le jour et est prêt à prendre du service dès que les plaquettes seront affûtées.

grattoir à plaquette carbure fait maison à coté du grattoir Sandvik

La fabrication de ce grattoir m’a permis de corriger les points qui me chagrinaient sur le grattoir du commerce.

Vous trouverez dans l’article dédié les points clé de la construction d’un grattoir à plaquette carbure, ainsi que les plans de celui que j’ai réalisé :

Création d’un grattoir à plaquette carbure DIY

Jour 5

Ca y est les condensateurs sont arrivés, j’ai donc pu m’occuper de finir l’électricité du touret multifonctions. Grace au condensateur permanent neuf, plus le condensateur de démarrage temporisé j’ai enfin droit à un vrai démarrage franc du touret !

Après avoir fini la partie électrique du touret, j’ai vite réalisé le support de meulage/affûtage, toujours à partir de rebuts industriels. C’est ainsi que je termine le petit encart « touret » car il est maintenant fonctionnel et prêt à affûter mes plaquettes de grattoir ! 😎

L’affûtage de la plaquette

L’affûtage de la plaquette demande un angle de coupe négatif. Cet angle est -5°. Il faut donc régler le support d’affûtage du touret avec cet angle de -5°. L’affûtage s’effectue sur une meule diamant de finition, donc avec un grain très fin. L’objectif n’est pas d’enlever de la matière sur la plaquette, mais plutôt de la raviver et de lui donner un état de surface poli. En effet cet état de surface se répercutera directement sur la pièce que l’on va gratter.

Pour l’occasion, j’ai réalisé un petit support pour maintenir convenablement la plaquette sans se tenir trop près de le meule.

Affutage avec un angle de -5°

Ma plaquette affutée en haut et en bas aura alors cet aspect : Et voilà 2 arêtes de coupes prêtes à gratter ! 🤗

Reprise du grattage sur la table

J’ai fini l’affûtage de mes 2 plaquettes donc je peux enfin reprendre le grattage. Une fois ces plaquettes affûtées en place, la différence est flagrante : elles « mordent » bien la matière. De plus les copeaux sont nettement plus gros et parfois même sous forme de petits rouleaux brillants. Ca fait plaisir de voir que l’affûtage a fonctionné à merveille !

Voici maintenant l’ébauche terminée, j’ai des touches bleues sur toute la surface de la table.

Lors de l’ébauche j’ai travaillé en mouvements de grande amplitude de façon à retirer le plus de matière possible. Maintenant nous allons passer à la finition, qui consistera à obtenir une bonne régularité des touches bleues, ainsi qu’une certaine densité par pouce carré. En effet, pour le moment les touches sont irrégulières. A partir de maintenant je vais travailler sur une plus petite amplitude de mouvement, puis pour finir je gratterai avec un geste régulier.

Ci-dessous nous voyons le dessin donné par le grattage de finition. A ce stade j’ai plus de 20 fines touches bleues régulièrement espacées, par carré de 25 mm de coté (pouce 2). Cette densité de touches se répète sur toute la surface de la table.

grattage de finition de la table, lors de la restauration d'une fraiseuse.
Grattage du dessus de la table terminé

Métrologie de la table : 1/ la hauteur des glissières.

La surface de pesage étant plane et régulière je vais me tourner du coté glissières. Première chose à faire : Vérifier le défaut géométrique des glissières, ainsi que le parallélisme par rapport à la face grattée de la table. Pour cela je pose la table sur le marbre puis je relève au comparateur la hauteur des 2 glissières : Elles présentent sans surprise un creux au centre de 4 centièmes de mm environ. L’une des deux glissières est plus basse de 1 centième par rapport à l’autre.

En premier lieu je vais m’atteler à gratter en ébauche la face d’appui des glissières pour ramener leur hauteur au même niveau en tous points. Le but de cette étape est d’avoir un ensemble tout à la même hauteur. On ce se souciera pas ici de la planéité. Nous allons ici gratter avec de grands mouvements principalement les extrémités des glissières afin de les faire « redescendre ». Quand nous serons à une amplitude de défaut d’environ 1 à 2 centièmes nous passerons à la semi-finition.

L’ébauche de la face d’appui des glissières consistera simplement à les ramener à la même hauteur en tout point.

Jour 6

HAUTEUR DES GLISSIERES DE LA TABLE : La semi-finition.

Mon but dans cette étape de semi-finition est d’apporter la linéarité aux appuis de glissière. Ils sont sensiblement au même niveau en tous points, mais pas forcément plans. C’est ce que nous allons effectuer ici.

Pour cette étape de la restauration de ma fraiseuse je vais utiliser ma règle en granit de fabrication maison. Ma règle étant légèrement plus courte que la table, je procèderai par recouvrement. Pour éviter les fausses touches on prendra soin de ne pas mettre de bleu sur le dernier cm à chaque extrémité de la règle.

restauration d'une fraiseuse passage au bleu de la règle en granit

Pour l’application du bleu je le fais en 1 puis 2 étapes : Premièrement je dépose la règle au milieu de la glissière, et je frotte. Je regarde où sont mes touches. Ensuite j’efface puis je dépose la règle d’un coté, je frotte. PUIS je la redépose de l’autre coté de la glissière, et je frotte. Je regarde où se trouvent mes touches. Elles doivent correspondre à la zone marquée lors de la première dépose de la règle au centre de la glissière. Le premier passage au bleu après l’ébauche donne une zone de touche limitée :

Ensuite il faut simplement gratter comme nous l’avons fait sur le dessus de la table : là où il y a du bleu ! L’amplitude du grattage ici est faible, nous ne sommes plus en ébauche.

Lorsque j’ai des touches sur toute la longueur des glissières j’ai enfin un appui plan.

touches bleues réparties sur toute la glissière

Je m’arrête alors pour vérifier la hauteur des glissières. Tout doit être au même niveau. Ici c’est bien le cas : Nous sommes dans le centième de mm en tous points.

HAUTEUR DES GLISSIERES DE LA TABLE : La finition

Maintenant que mes appuis de glissières sont plans et parallèles entre eux et par rapport à la table, je vais les appairer au plan d’appui du transversal. J’ai donc démonté le chariot transversal de la fraiseuse, puis je l’ai nettoyé au kerdane.

Je vais maintenant le gratter au plan. Les appuis de glissières ainsi grattés seront mes références pour la finition des appuis de glissières de la table.

restauration d'une fraiseuse, référence du transversal pour la finition des glissières de la table.

Jour 7

GRATTAGE : préparation du transversal !

Aujourd’hui je vais donc préparer mon chariot transversal pour en faire ma référence de grattage pour l’appui de glissière de la table. Premièrement je mesure sa géométrie. Je me concentre uniquement sur la partie qui m’intéresse aujourd’hui : le parallélisme entre les faces d’appui des glissières coté console (en bleu ci-dessous) et coté table (en rouge ci-dessous).

Pour cela je règle mon comparateur à 0 sur un coin des faces bleues, puis je le promène dans les 4 coins des faces bleues pour vérifier si j’ai un défaut. Si je ne suis pas parallèle, je lirai directement la valeur du défaut au comparateur.

Dans mon cas il y a 0,01 mm de défaut : Etant donné que ce défaut est faible, nous le corrigerons plus tard. En effet il ne nous empêchera pas d’avancer.

restauration d'une fraiseuse mesure parallélisme entre les glissières du transversal

GRATTAGE : Face d’appui des glissières du transversal (coté table)

Après avoir vérifié le parallélisme des appuis de glissières (entre faces rouges et faces bleues) nous allons construire notre face de référence par grattage (la face rouge donc). Le premier passage au bleu sur le marbre ne présente pas de surprise : il y a du bleu sur les restes des points hauts du grattage d’origine. En effet les bords ont été usés par la table qui était déformée.

restauration d'une fraiseuse premier passage au bleu sur le transversal

Après une petite heure de grattage il commence à y avoir du bleu sur toute la surface. Je vais passer à la finition pour obtenir des touches bien fines et régulières.

restauration d'une fraiseuse grattage du transversal

Jour 8

GRATTAGE : Finition des appuis de glissières de la table

Aujourd’hui nous allons revenir sur le travail de la table. En effet il reste encore à faire le grattage de finition des appuis de glissières. Nous avons précédemment gratté les appuis de glissière sur le transversal : Maintenant ils vont nous servir de référence pour gratter coté table.

Pour cela j’enduis de bleu la portée de référence, donc l’appui de glissière du transversal. Puis j’applique le transversal sur la glissière de la table.

Restauration d'une fraiseuse : appairage des glissières transversal table

Ensuite, je frotte en plusieurs zones le transversal sur la table, en petits mouvements de va-et-vient. Ceci aura pour effet de déposer le bleu sur les points hauts de la table. Nous verrons ainsi les zones hautes à gratter, après retrait du transversal : Ce sont les zones avec du bleu.

Au passage : Après la dépose du bleu, nous voyons bien sur le transversal les zones qui ont été en contact sur la table : elles sont brillantes et le bleu est beaucoup plus clair. Ici on voit que les touches sont fines et régulières sur tout le transversal.

Restauration d'une fraiseuse : points d'appui du transversal sur la table

Fin du grattage des appuis de glissières de la table

Il est difficile de déposer convenablement le bleu sur toute la longueur des glissières car la quantité déposée sur le transversal est faible (surface enduite de bleu faible). Je dépose donc le bleu en plusieurs fois, en remettant du bleu sur le transversal à chaque fois.

A la fin de ce chapitre de la restauration de ma fraiseuse les surfaces d’appui de la table et du transversal portent sur toute la surface. En insistant un peu la régularité des touches ainsi que leur densité pourraient être meilleures, notamment aux extrémités de la table. Je décide de m’en satisfaire et d’en rester là pour cette étape. C’est déjà nettement mieux qu’au départ !! 😀

Jour 9

La rénovation des pentes de glissières de table

La restauration de ma fraiseuse avance tranquillement, et comme les appuis de glissière table/transversal sont terminés je vais pouvoir m’attaquer aux pentes à 60° des glissières de la table.

Avant de commencer à les gratter je mesure leur positionnement et leur rectitude.

Il est important que les glissières soient parallèles aux rainures de la table ! En effet, les étaux et autres diviseurs sont toujours indexés par rapport aux rainures de la table. Donc si les rainures ne sont pas parallèles aux glissières, les étaux et autres accessoires ne seront pas bien indexés au 0. Nous fraiserons donc toujours légèrement de travers.

Métrologie des pentes de glissières de table

Pour effectuer cette mesure, il faut se bricoler un petit outillage permettant de prendre appui sur la table et contre une rainure, et qui puisse palper la glissière de l’autre coté de la table. Pour localiser la glissière nous ne pouvons pas palper directement dans la pente car ce ne serait pas précis. Nous positionnons donc une goupille dans le V de la glissière et nous palperons sur la goupille.

Commençons par ébavurer les flancs des rainures :

Suppression des bavures et chocs dans les rainures de la table lors de la restauration de ma fraiseuse

Ensuite nous allons positionner notre outillage de mesure contre la table, en appui sur une rainure (en bleu sur la photo de gauche). Puis nous allons palper la goupille positionnée dans la glissière (en bleu sur la photo de droite) :

A la fin des mesures nous obtenons une carte des défauts de nos glissières. Nous pourrons ainsi corriger ces défauts au grattage. Mes glissières ont un défaut de parallélisme d’environ 1 à 1,5 centième par rapport aux rainures. De plus elles sont en tonneau, plus fortes de 2,5 et 3,5 centièmes au centre.

Parallèlisme et rectitude des glissières de table lors de la restauration d'une fraiseuse
Mesures en centièmes de mm (défaut amplifié)

Jour 10

GRATTAGE DE LA PREMIERE PENTE de glissière de table

  1. Nous allons gratter les zones présentant les valeurs les plus hautes. Ainsi nous allons ramener toute la longueur de l’une des 2 glissières bien parallèle aux rainures de la table. Contrôler régulièrement l’avancement du travail avec le comparateur : Les surfaces de glissières sont faibles donc ça va vite ! 😊
  2. N’oublions pas que les rainures de la table n’ont pas été retouchées donc même si le comparateur nous indique que la glissière est parallèle à la rainure de table, nous ne savons pas si notre glissière est réellement droite. Nous allons donc progressivement intégrer un contrôle de planéité avec un marquage de la glissière au bleu avec la règle en granit. Ceci nous permettra de gratter les points hauts et ainsi peaufiner la planéité de la glissière. Nous gratterons jusqu’à ce que les touches bleues soient régulières sur toute la longueur de la glissière.

GRATTAGE DE LA DEUXIEME PENTE de glissière de table

OH LA, PAS SI VITE !!!😅 Et si on mesurait avant de gratter ? Sinon comment savoir quel endroit nous devons attaquer ? On va donc mesurer, et oui : L’écartement entre nos 2 glissières… En effet, afin de ne pas avoir de points durs dans le coulissement de la table il faut que l’écartement entre les 2 glissières soit parfaitement constant. Mais comme pour les fois précédentes je n’ai pas l’outil adéquat. Nul besoin d’un outil super sophistiqué comme on en voit beaucoup, donc nous allons le fabriquer.

FABRICATION de l’outil de contrôle de parallélisme des glissières

Nous allons confectionner un outillage simple permettant de mesurer l’écart entre 2 goupilles logées dans le creux des 2 glissières. Restez basiques, il faut juste que votre outillage soit stable sur la glissière, et qu’il soit bien plan. Il doit être capable d’aller palper le coté de la goupille placée sur la glissière d’en face.

Pourquoi mettre des goupilles ?

Les goupilles rectifiées servent à toucher uniquement des faces de référence connues ainsi que la face à mesurer. Leur diamètre étant calibré elles permettent de ne pas générer de défaut significatif lors de la mesure.

Voici celui que j’ai fabriqué à partir de morceaux de supports de comparateurs dépareillés :

Outillage de contrôle de l'écartement des glissières lors de la restauration d'une fraiseuse WGM

CONTROLE DE PARALLELISME entre les 2 glissières de table

Pour contrôler le parallélisme entre les glissières nous allons faire glisser l’outillage ci-dessus (ou similaire) pour mesurer l’écart tout le long de la glissière. La goupille longue est collée à l’embase de l’outil de contrôle. Cette goupille glissera sur la première glissière que nous avons déjà grattée. La petite goupille (à droite sur la photo) glissera sur la seconde glissière et le Pupitast (comparateur à levier) indiquera la mesure prise sur cette petite goupille. Nous allons régler le 0 à une extrémité de la table, puis déplacer l’ensemble tout le long de la table et mesure l’écart indiqué par le Pupitast.

Le résultat de mesure montre une zone bien parallèle à gauche, et une zone en creux vers l’extrémité droite de la table. Pour information, sur la photo le trait bleu du haut représente la glissière de référence déjà grattée, et en bas celle qui n’est pas corrigée. Je vais maintenant descendre le coté gauche en le grattant jusqu’à ce qu’il arrive au même écartement que l’extrémité droite. Toute ma glissière aura alors le même écartement.

Jour 11

Après quelques dizaines de minutes de grattage me voici avec ma dernière pente de glissière bien droite. La règle en granit porte sur toute la longueur de manière uniforme.

Une dernière mesure de l’écartement entre les 2 glissières me confirme que l’écart est maintenant parfaitement constant.

C’est ainsi que s’achève le travail de remise en état de la géométrie de la table. Je vais maintenant avancer le travail en grattant les pentes de glissières correspondantes sur le transversal. Ainsi la liaison table / transversal sera terminée.

Dans cette prochaine étape la table sera ma référence pour gratter les pentes sur transversal.

Jour 12

LE TRANSVERSAL

Glissière supérieure du transversal

Le travail de remise en état du transversal a commencé avec la rénovation de la table. La suite des opérations va consister à terminer la glissière de liaison transversal / table. Pour cela, la technique sera la même que précédemment : enduire de bleu la référence : la pente de glissière de la table en l’occurence. Nous allons en premier lieu nous concentrer sur le coté ne recevant pas de lardon.

La dépose du bleu de Prusse ne pouvant pas être pratiquée au rouleau, nous allons déposer du bleu sur un chiffon en coton, puis tamponner le chiffon sur la glissière :

Restauration d'une fraiseuse WGM, dépose du bleu dans la glissière au tampon

Ensuite nous allons positionner le transversal sur la glissière, puis le faire « naviguer » afin de lui imprimer l’empreinte de contact au bleu. Il faudra alors bien prendre soin de le plaquer contre le flanc de glissière contenant le bleu de Prusse :

Restauration d'une fraiseuse WGM prise d'empreinte bleu sur transversal

L’empreinte au bleu étant terminée, il ne reste plus qu’à gratter ! 😊 La technique étant toujours la même je ne détaillerai pas ce point. Une fois le grattage terminé, il conviendra de mesurer l’écart entre nos 2 cotés de glissières. Bien sur si un écart est constaté, prenez soin de le corriger lors du grattage de l’autre coté de la glissière.

ATTENTION : Dans le cas où vous auriez une machine avec lardon conique, vous devrez gratter au plan le second coté de glissière, puis gratter au plan le lardon. Ensuite il faudra positionner le lardon PUIS enfin mesurer l’écart entre les 2 cotés des glissières.

Pour ma part j’ai eu de la chance, sur ce point il n’y a pas eu de correction à effectuer : L’écart entre les glissières est constant !

Il reste donc à peaufiner la planéité de la seconde pente de glissière. La portée au bleu étant d’origine assez régulière (elle était protégée sous le lardon) le travail est rapide.

La face supérieure du transversal est terminée : La glissière table / transversal est corrigée.

Mon lardon étant de type droit et non conique, il est uniquement plaqué contre la glissière par des vis de réglage. Ceci impose moins de soin dans la reprise des lardons. Je me contenterai juste de les gratter sommairement.

Jour 13

Poursuite du démontage : Tête, bélier, boite puis enfin la console

Pour pouvoir poursuivre le grattage du transversal, il va falloir utiliser la glissière de la console… Au même titre que pour le grattage de la glissière de la table, il faut utiliser la glissière venant en face comme référence à un moment précis.

C’est pourquoi nous devons démonter la console avant d’entreprendre le grattage de la glissière basse du transversal.

Nous allons commencer par dégager tout ce qui gène sur la colonne du Z. En effet, il nous faudra démonter la colonne de l’axe Z pour dégager la console… Soit par le haut soit par le bas….

Commençons donc par le bélier et la tête :

Le puzzle s’agrandit gentiment :

Goupille d’entrainement W20 sectionnée 🙁
Boite de vitesse vidangée + glissière du bélier état neuf.

Comment vidanger en un clin d’oeil cette boite de vitesse ?????

Rien de plus simple avec mon outillage maison !!


Glissière inférieure du transversal : Théorie

Plusieurs paramètres sont à prendre en considération lors du travail sur la glissière inférieure du transversal :

  • La hauteur séparant les 2 glissières doit être constante.
  • La perpendicularité entre les 2 glissières doit être précise.
  • Bien entendu pour finir : les glissières doivent être planes et d’un écartement constant.

Il convient de bien réfléchir avant d’attaquer le grattage :

Comment contrôler les 2 premiers points avec précision ?

Nous verrons cela ensemble très prochainement !😋